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On vous en dit plus sur les marqueurs culturels de plusieurs personnalités.

Kévin Brohan

Kévin Brohan

 

Entraîneur de l’équipe féminine

Côte d’Opale Basket

 

 

 

 

 


Musique

 

 

Quel disque, CD ou musique vous vient immédiatement à l’esprit et vous a marqué pour toujours ?
    
«  Le disque qui me vient à l’esprit, parce que j’écoutais ça quand j’étais plus jeune, et parce que je pense que c’est encore d’actualité par rapport à ce qui se fait en ce moment, c’est le groupe de rap IAM. Et plus particulièrement le CD « L’école du micro d’argent » qui date de 1997. J’avais 16 ans à cette époque. Je pense que les textes de cet album sont encore en plein dans l’actualité. D’autant que le groupe IAM est de Marseille. Dans cet album-là, il y a plein de choses qui pourraient être reprises à leur compte aujourd’hui. Dans leurs chansons, et particulièrement dans ce disque-là, il y a des paroles qui collent parfaitement aux évènements actuels. Pourtant, ces paroles ont près de vingt-cinq ans. On peut alors remarquer que la situation sociale n’a pas changée et que l’environnement sociétal n’a pas évolué. Malheureusement. C’est un groupe qui a beaucoup parlé de ce qui se passe dans les cités, dans la vie de tous les jours. Ils parlaient des gens bien intégrés. Ils parlaient aussi de ceux qui étaient plus marginaux voire marginalisés. Et on voit que rien n’a vraiment bougé. Et même parfois que les choses ont empiré, que les clivages ont augmenté et que les inégalités ont progressé. Cette musique m’a vraiment beaucoup marqué ».

 

 

 

 

 

 

« J’ai été bercé par IAM et Suprême NTM. On constate que ces deux groupes de rap, les pionniers du rap en France, étaient plongés dans leur époque. On découvre encore aujourd’hui qu’ils n’avaient pas tort dans leur description de la société. Les choses étaient comme ça à l’époque. Maintenant on peut faire le bilan et déplorer que les mêmes problèmes subsistent. On pensait que tout allait évoluer et, malheureusement, ça n’a pas trop progressé. Sinon, en musique, j’écoute vraiment de tout. Je peux écouter Alicia Keys ou U 2. Dans ma playlist, il y en a vraiment pour tous les goûts. Je peux écouter Eddy Mitchell, puis IAM et Suprême NTM ou Dr. Dre et après « Les oies sauvages » de Michel Delpech. Je n’ai pas d’a priori en musique. Il suffit qu’elle soit bonne ! ».

 

 

 

 

 

 

Album « L’école du micro d’argent » du groupe IAM. 1997. Productions EMI, Virgin et Delabel.

Album « Best Of – 3 CD - Anthologie ». 2018. Sony Music et Legacy. 

 

 


Cinéma

 

 

Quel est le film qui vous a plus particulièrement marqué ?

« Le film qui m’a bouleversé, c’est « Usual suspects ». Ce film est tellement bien fait qu’il m’a vraiment marqué. Je trouve que ce qui est vraiment fort dans cette histoire, c’est l’habileté du héros à berner tout le monde. La manière avec laquelle il embrouille la police. C’est une histoire tellement dingue que c’en est énorme. De pouvoir réaliser un film avec une histoire comme ça, c’est insensé. Tout au long de la projection, tu n’imagines pas de quelle manière ça va pouvoir évoluer. A cette époque, c’est un film d’un genre nouveau dans le monde du cinéma. C’est tellement bien réalisé. Par le suite, on ne retrouve pas trop de films de ce genre dans la production cinématographique ».

 

 

 

 

 

 

« Dans le cinéma français, j’ai beaucoup aimé « Le Dîner de cons ». Lorsque tu prends l’histoire en entier, à la fin, le con n’est pas celui qu’on croit. Il y a une vraie philosophie dans ce film. C’est un peu comme dans la vie. Parfois, le vrai con n’est pas celui qu’on croit ou celui qu’on croyait con. Il y a beaucoup de films de Francis Veber qui ont cette patte philosophique. Tous ceux où apparaît François Pignon. Tous ces films vont au-delà de la comédie ».  

 

 

 

 

 

 


Film « Usual Suspects » de Bryan Singer avec Kevin Spacey, Chazz Palmenteri et Gabriel Byrne. 1995. Films Polygram. 

Film « Le Dîner de cons » de Francis Veber avec Jacques Villeret et Thierry Lhermitte. 1998. Gaumont et TF 1 Films.

 

 

 

Littérature

 


À propos de littérature, quel est le livre qui vous a le plus marqué ?

« Alors, le livre que j’ai choisi, ce n’est vraiment pas un roman ni une histoire à l’au de rose. C’est le livre que je lis en ce moment et ça s’appelle « La bible des préférences motrices ». En fait, c’est un bouquin qui me marque encore et toujours. A cause de mon métier et par rapport à ma vie de tous les jours. Je me rends compte, grâce à ce livre, qu’on a trop cadré les choses, qu’on a trop rangé les gens dans des cases. On formate les gens à une idée que l’on se fait de la normalité. Dans ce livre, ça parle des choses physiques mais il en va de même du reste de l’humain. L’ouvrage parle évidemment du corps et il en ressort que tout le monde est différent ». 

 

 

 

 

 

 

« A ce titre, on n’a pas tous la même habileté motrice alors qu’on veut appliquer à tous la même règle. On doit plutôt s’adapter à la personne plutôt que d’appliquer une règle systématique qui ne lui correspondra jamais. Parfois, ça marche. Forcément, puisque la personne correspond à la norme mais, d’autres fois, ça ne fonctionne pas. On se dit alors souvent que les réactions physiques de la personne sont bizarres. Le livre nous montre qu’il faut plutôt adapter notre management plutôt que de se focaliser sur ce qui semble être normal. En fait, de dire « il faut faire comme ci ou il faut faire comme ça », ce sont souvent des conneries. Il faut que les managers utilisent ce qui est la réalité plutôt que de vouloir fondre les humains dans le même moule. Un moule qui ne leur convient pas. La richesse est au fond de chacun. En tant qu’entraîneur, il faut que je découvre cette richesse et permettre à l’autre de s’en servir. Aujourd’hui, l’avenir est dans l’adaptation. Surtout avec les nouvelles générations. Il faut essayer de les rendre autonomes pour qu’elles trouvent leurs propres réponses. L’avenir n’est plus dans le formatage. C’est aussi un peu ce que prône l’école Montessori. Tu dois faire les choses quand tu te sens prêt à les faire. Si on applique des règles bêtes et méchantes, on va tout simplement dans le mur. C’est ça que le livre nous apprend ». 

Livre « La bible des préférences motrices » de Bertrand Théraulaz et Ralph Hippolyte. 2021. Éditions Amphora. 

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