On vous en dit plus sur les marqueurs culturels de plusieurs personnalités.
6 Juin 2026
Nelly Fourcroy-Masson
Nelle
Peintre, auteure, conteuse
La Capelle-lès-Boulogne
Ses choix culturels
Musique
« Concernant la musique, chez moi, il y avait toujours la radio qui marchait avec des chansons populaires, françaises. Ma mère avait toujours sa radio allumée et j’ai été baignée par toutes les chansons qui passaient, les chansons à la mode, les chansons du moment. Mais, moi, j’aime les chansons à texte. Francis Cabrel ou Michel Berger, par exemple. D’autres chansons m’ont marquée comme la chanson « Cézanne peint » chantée par France Gall et écrite par Michel Berger. Cette chanson est sûrement ma chanson préférée et sûrement parce que je peins aussi. ».
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« J’aime les chansons qui parlent de la nature et des hommes. Dans ma jeunesse, ce furent Georges Moustaki ou Maxime Le Forestier. J’apprécie aussi toutes les musiques qui font partie du rêve, des solutions idéales, de la vie et de la nature. Si je devais quand même choisir un chanteur, je choisirais Francis Cabrel. Et notamment « La Dame de Haute-Savoie ». Je l’ai d’ailleurs vu une fois en concert ».
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« J’aime aussi les musiques où il n’y a pas de paroles ou qui nous font s’envoler. Je pense à Enya. Ce sont des musiques qui font rêver, des musiques qui m’emmènent. Par contre, mon mari adore Jacques Brel et, du coup, je connais tous les textes et toutes les mélodies. Je l’aime beaucoup parce que ça parle de la vie, de nos vies. C’est aussi de la pure poésie dont je suis très fan. Ces paroles touchent tous les registres de la vie. L’amour, les personnes âgées, les personnes démunies. C’est vraiment très social et c’est le reflet de la vie ».
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Chanson « Cézanne peint » de l’album « Débranche » par France Gall. 1984. Warner.
Chanson « La Dame de Haute-Savoie » de l’album « Fragile » par Francis Cabrel. 1980. CBS.
Album « The Very Best of Enya » par Enya. 2009. Warner.
Album « Les 50 plus belles chansons » par Jacques Brel. 2013. Barclay.
Cinéma
« Je suis une fan de Charlie Chaplin. J’aime tous les films de Charlie Chaplin et je trouve que c’est un génie. Ça représente magnifiquement le monde. Les gens pauvres qu’on sous-estime, les gens qui ont un cœur d’or, toutes les batailles un peu sociales, les gens qu’on méprise et qui ont une vraie valeur humaine. J’adore vraiment tous ses films ».
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« Sinon, mon film préféré, c’est « Cinema Paradiso » de Giuseppe Tornatore. J’adore tous les films qui sont relatifs aux enfants. C’est l’histoire d’un petit garçon qui est devenu un célèbre cinéaste et qui replonge dans sa Sicile natale suite à la mort d’un vieil ami qui lui a appris les ficelles du métier. J’ai tellement apprécié ce film que je suis allée en Sicile avec mon mari pour voir la place où cela a été tourné. C’est un petit village sicilien. Dans ce film, il y a plusieurs histoires. L’histoire du cinéaste qui apprend au petit garçon les techniques cinématographiques, l’histoire de l’enfant qui grandit et découvre ses premiers amours, le moment où il devient cinéaste lui-même et tout ce à quoi il a dû renoncer. Il a dû partir de la Sicile tandis que sa mère y est restée. On ressent dans le film l’amour qu’il y a entre le fils et sa mère mais aussi les terribles tensions entre l’homme et sa mère qui craint que son fils se brûle les ailes. C’est un film très subtil et j’adore. C’est vraiment mon film préféré ».
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« Un autre film m’a aussi beaucoup remuée, c’est « Le Cercle des poètes disparus ». Là aussi, il y a des enfants et un professeur. Dans les films que j’aime, il y a souvent cette histoire d’apprentissage. C’est peut-être aussi parce que j’ai été instit’. Dans tous ces films-là, il y a la transmission des savoirs. Oser s’exprimer, sortir de tout ce qu’on nous inculque, briser les obéissances qui existent alors qu’on ne sait même pas d’où elles viennent, c’est important d’évoquer tout cela. Pourtant, normalement, si l’on y pense, chaque être a son propre jugement ».
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« Il y a encore un autre film qui m’a plu : c’est « La vie est belle ». Quand on pense au réalisateur du film qui joue dedans, qui invente le scenario, qui fait le film, on est émerveillé. L’important pour lui dans le film, c’est de protéger son enfant par un jeu. Dans un camp de concentration, il lui fait croire qu'il s'agit d'un jeu complexe dans lequel il doit accomplir diverses tâches pour accumuler des points. Le premier à atteindre mille points gagnera un véritable char d'assaut pour gagner la guerre ».
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« D’autre part, du fait que j’aime évidemment la peinture, j’aime beaucoup le film « Séraphine » où l’on voit cette femme qui a été transcendée par on ne sait trop quoi et qui a aimé peindre comme si elle entendait des voix. Moi, quand je peins, c’est un peu bizarre aussi. Je ne sais pas ce que je vais faire et il se passe quelque chose d’unique qui déclenche mes gestes. C’est difficile à expliquer. C’est impressionnant de ne pas pourvoir se défaire de cette passion qui vous emporte ».
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« Par contre, il y a un film qui m’a ébranlée pour une toute autre raison. J’étais enceinte et j’ai regardé « Rosemary’s Baby ». Ça m’a fait peur comme jamais. Je me suis dit que je ne regarderai plus jamais des films comme ça !
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Films « Les Temps modernes » avec Paulette Goddard, « Le Dictateur » avec Jack Oakie et Paulette Goddard et « Les Feux de la rampe » avec Claire Bloom et Buster Keaton, de et avec Charlie Chaplin. 1936, 1940 et 1952.
Film « Cinema Paradiso » de Giuseppe Tonatore avec Philippe Noiret, Jacques Perrin, Leopoldo Trieste et Antonella Attili. 1988. Les Films Ariane.
Film « Le Cercle des poètes disparus » de Peter Weir avec Robin Williams, Robert Sean Leonard et Ethan Hawke. 1989. Touchstone Pictures.
Film « La vie est belle » de Roberto Benigni avec Roberto Benigni, Nicoleta Braschi et Horst Buchholz. 1997. Miramax Films.
Film « Séraphine » de Martin Provost avec Isabelle Moreau, Ulrich Tukur et Anne Bennent. 2008. Climax Films.
Film « Rosemary’s Baby » de Roman Polanski avec Mia Farrow, John Cassavetes et Ruth Gordon. 1968. Paramount Pictures.
Littérature
« En fait, je lis beaucoup. Mais celui qui m’a marquée en tout premier, c’est « Le Petit Prince » d’Antoine de Saint-Exupéry. Ça m’avait vraiment subjuguée et ça me reste encore. C’est un très beau livre. Avec une association à laquelle j’appartiens, on avait demandé aux gens de voter pour le livre qui les a délivrés. On avait appelé ça « Le livre qui délivre ». Et le livre qui est sorti du lot, c’était « Le Petit Prince ». C’est un univers étrange et on entrevoit vraiment un côté triste et en même temps poétique sur la nature humaine. On aimerait rencontrer quelqu’un toujours aussi innocent, et en même temps sage ! ».
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« Quand j’étais lycéenne, l’ouvrage qui m’a aussi interpellée, c’est « Antigone » de Jean Anouilh. J’aime aussi les livres où il se passe quelque chose d’étrange, de spirituel et qu’on n’arrive pas à comprendre. Le livre de Victor Hugo qui s’appelle « Le livre des tables » m’a vraiment interpellée. C’est l’expérience que Victor Hugo a eue lorsqu’il était exilé à Jersey. Avec des amis, ils faisaient tourner des lettres sous le mode de spiritisme et tout a été annoté dans un cahier. Tout ce qui s’est passé avec les esprits. De la part de Victor Hugo, ça m’a vraiment étonnée mais ce qui s’est passé dans ces soirées-là l’a inspiré pour ses livres futurs. Certainement pour son livre « Les Contemplations ».
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« Un peu dans le même esprit, il y a une journaliste qui s’appelle Corine Sombrun et qui était mariée avec un musicien. Or, elle est tombée en grande dépression car son mari est mort très jeune. Son patron, pour la faire sortir de la dépression, décide alors de l’envoyer en reportage en Mongolie. Là-bas, elle assiste à des séances de chamanisme. Lors d’une de ces soirées chamaniques, elle entre en transe. A cet instant, la chamane qui organisait la séance lui annonce sur place qu’elle a des pouvoirs chamaniques. Elle ne s’attendait pas du tout à ça. C’est certainement la musique des tambourins qui l’ont mise dans cet état. Quand elle est revenue en France, malgré la peur de ce qui lui était arrivée, elle a voulu que ce soit scientifique. Elle est donc allée voir des spécialistes scientifiques pour comprendre le phénomène. Aujourd’hui, elle continue à faire ces études sur le transport qu’on peut avoir et sur l’univers autour des médiums. Elle a donc écrit plusieurs ouvrages très intéressants sur le sujet comme « Journal d’une apprentie chamane ». Par rapport à la relation que j’ai avec la peinture, la nature, les arbres, les oiseaux, j’aimerais aussi comprendre tous ces mécanismes spirituels. Comment accéder à un monde invisible alors qu’on n’a pas les clés ? Tout cela reste très intéressant à étudier et à comprendre ».
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Livre « Le Petit Prince » d’Antoine de Saint-Exupéry. 1943. Reynold et Hitchcock.
Livre « Antigone » de Jean Anouilh. 1946. Éditions de la Table ronde.
Livre « Le livre des tables » de Victor Hugo. 2014. Folio.
Livre « Journal d’une apprentie chamane » par Corine Sombrun. 2002. Pocket.